Tu vas l’aimer quand ton corps ? Plaidoyer en faveur de toutes les imperfections.

A toutes ces femmes que je croise chaque jour.

A tous ces pantalons beaucoup trop serrés, qui vous coupent l’appétit avant même d’avoir mangé.

A tous ces soutiens-gorges méga rembourrés pour remplir ce qui n’est pas assez volumineux à votre goût, ou bien totalement couvrant pour aplatir cette partie de vous qui vous rendrait vulgaire aux yeux de la société.

A tous ces talons tellement hauts qu’on se demande si la cheville arrivera à nouveau à trouver sa position initiale à la fin de la soirée.

A tous ces boutons monstrueux, qui ne pointent jamais le bout de leur nez au bon moment, triturés avant même d’avoir éclos, opérés, déchirés à même les ongles, gonflés, rougis, rabougris puis camouflés sous une tonne d’anticerne.

A tous ces dessous d’œil, légèrement sombres par manque de sommeil ou parfois gonflés d’avoir trop pleuré, revitalisés, lissés, aplanis à grand coup de patchs, crème magique et fard bonne-mine.

A tous ces frisottis juste apparus parce qu’il faisait un brin humide dehors, ou simplement parce que c’est votre nature de cheveux, dressés, domptés, lissés à grand coup de fer à lisser (à repasser ?).

A tout ce relief gravé dans vos cuisses et vos fesses, ce paysage vallonné et capitonné, si souvent gommé, massé, enveloppé, pétri, palpé-roulé, frigorifié, aspiré.

A tous ces poils jamais les bienvenus, sous le nombril ou au bout du menton, à la lisière de la culotte, ou sur le gros orteil, arrachés à même les doigts, grattés jusqu’au sang avec la pince à épiler, infectés, enflammés, gonflés, incarnés.

A toutes ces cicatrices, témoins vivants de votre expérience de vie, rabotées, lysées, enlisées, camouflées, maquillées, corrigées, pour feindre qu’elles n’aient jamais pu exister.

A tous ces décolletés, trop remplis ou trop désemplis, masqués, gonflés, cachés, dévoilés, pour attirer ou repousser tantôt l’un ou tantôt l’une.

A tous ces seins, vers le haut ou vers le bas, gonflés trop peu ou pas assez, comblés, aplatis, camouflés, opérés, totalement oubliés dans leur rôle premier nourricier, outrageusement sexualisés et utilisés comme critère unique de féminité.

A tous ces bourrelets de ventre, aspirés, pétrifiés, cachés, enfermés, rentrés, juste là avec vous du matin au soir et qui déplorent de se faire ainsi traiter.

A toutes ces peaux rugueuses, sous les coudes ou les cuisses, gommées, brossées, récurées, comme pour retrouver un aspect enfantin et satiné que ni la vie ni l’âge ne serait en mesure de vous donner.

Je veux juste vous dire que je vous aime.

Je t’aime toi le vitiligo qui pourrit la vie de mon amie, je t’aime toi la cicatrice qui rappelle des fous-rires ou des moments plus sombres, je t’aime toi avec ta barbe de femme qui témoigne juste d’un déséquilibre hormonal, je t’aime toi avec ton 75A ou ton 110F, je t’aime toi qui est recouverte d’une myriade de boutons d’acné, je t’aime toi et ton gros ventre qui me donne envie de m’y blottir moelleusement.

Et je vous invite à prendre une seconde, une minute, une heure, ou bien tout une vie, pour les remercier. Les remercier d’être là et de former cette personne parfaitement imparfaite que vous êtes.

Vous êtes belles exactement comme vous êtes.

Ne perdez pas une seconde de votre vie à déclarer la guerre à votre corps.

Aimez-le tel qu’il est.

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2 réflexions sur “Tu vas l’aimer quand ton corps ? Plaidoyer en faveur de toutes les imperfections.

  1. chantal guyot dit :

    Merci Anais, c est tellement bien écrit .. même un peu poétique, on oublie presque qu il s agit d
    une liste d imperfections a gommer… cacher… ! Mais finalement tout est sans le nom de ton blog : « belle dans sa peau »… on va essayer de voir « la belle qui est dans notre peau » et de s apprécier toutes comme nous sommes …. au lieu de se « faire la peau  » ! 😉… CB.

    Aimé par 1 personne

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