Ralentir, ou pourquoi on gagne du temps en arrêtant de lui courir après.

Prendre son temps, ne pas avoir le temps, être dans les temps, vivre avec son temps, laisser le temps au temps, passer le temps, prendre du bon temps, rattraper le temps perdu… On en parle tout le temps mais lui accordons-nous vraiment le temps qu’il mérite ? On prend le temps d’en parler maintenant, du temps.

Chaque jour nous offre son lot d’opportunités : un rendez-vous professionnel important, la préparation de l’anniversaire de son meilleur ami, la visite d’un nouvel appartement, une réunion à la crèche… Une multitude de possibilités qui viennent donner une couleur à notre journée. Un champs des possibles infini qui « comble les vides » de notre emploi du temps, ou surcharge les petits interstices entre deux rendez-vous.

Aujourd’hui tout va plus vite. Et cette course effrénée nous fait perdre le sens des priorités. « L’enthousiasme qui nous guide à ne vouloir rien rater est à double tranchant : il permet notre épanouissement mais nous met également une grosse pression » nous explique la pétillante Nelly Pons, auteure de Choisir de ralentir aux éditions Actes Sud Kaizen.

Pour vous, je reviens sur ma rencontre avec Nelly afin d’élucider cette question du temps et apprendre que ralentir ce n’est pas être lent.

 

Mais après quoi court-on ?

Qu’est-ce qui nous fait accélérer, remplir nos agendas déjà débordants et courir d’un rendez-vous à l’autre ? « Etre très occupé nous donne de l’importance dans le regard de l’autre », nous confie Nelly Pons. Ne pas avoir le temps d’accueillir quelqu’un dans son bureau, de boire un café ou bien de passer un coup de téléphone, nous montre – et montre à notre entourage – à quel point nous sommes quelqu’un d’important. En avons-nous conscience ? Et toutes ces choses qui remplissent déjà pleinement nos journées sont elles vraiment importantes pour nous ?

courir après le temps.png

 

Il y a des choses que nous devons faire. Et d’autres, que nous croyons seulement devoir faire.

On a tous une to-do-list, cette liste petite ou grande de tâches à effectuer dans l’heure, la journée ou la semaine. Que se passe-t-il une fois que l’on a tout coché ou rayé ? On la continue. Ou bien on en crée une autre. Conclusion de Nelly Pons : « le après n’arrive jamais ». Ce moment de flottement où l’on n’a strictement rien à faire. Il n’arrive jamais car nous ne nous laissons jamais le temps de croire que nous avons accompli tout ce que nous voulions faire. Et nous développons une addiction à l’action, une envie d’accomplir plein de choses, de remplir à jamais notre to-do-list. Verdict : nous sommes plus dans l’agitation que dans l’action.

 

Mais alors, j’abandonne ma to-do-list ?

Non. Mais je la mets à mon service et non pas l’inverse. Nelly nous dévoile 2 astuces qui marchent à tous les coups.

::1::  Je fais en premier ce que j’aime faire

Parce que cette activité va me nourrir, m’apporter de la joie, de la paix, et je serai alors dans un état optimal pour faire d’autre chose (ou pour ne rien faire d’ailleurs).

::2::  Je choisis le bon moment…

…pour faire chaque chose, ainsi je suis plus efficace et cela me mobilise moins de temps et d’énergie.

 

Prendre soin de ce que je fais au quotidien

Soyons sincères : il y a clairement des choses dont on se passerait bien. Pour les uns ce sera laver le linge, faire sa déclaration d’impôts ou bien préparer le repas. Soit. Mais ce n’est pas parce que je n’ai pas envie de le faire que cette activité n’est pas nécessaire à mes besoins vitaux ou sociaux : être propre, nourri et en règle avec le fisc. Et si je mettais une touche de gaieté dans chacune de ces activités ? Si je prenais soin de les préparer, pour ensuite prendre plaisir à les réaliser ? Laver son linge avec une lessive parfumée puis l’étendre au soleil, préparer le repas en écoutant une musique agréable ou un podcast inspirant, ou bien faire sa déclaration d’impôts au soleil en terrasse… Contrainte ou pas contrainte comment en faire un moment de joie ?

Nelly est particulièrement douée pour nous le faire comprendre. Elle nous parle des devoirs qu’elle fait faire à son fils. Pour qu’il prépare sa dictée, Nelly lui propose de la réciter en rappant puis en étant mort de rire. Résultat, ils passent un super moment. Et sa dictée, il la sait sur le bout des doigts.

 

Sortir du « je dois faire »

« Je n’ai pas eu le temps ». On le dit tous, mais y a-t-il ressource plus gratuite et accessible à tous que le temps ? Le jour où je n’aurai plus du tout le temps, ne serai-je pas mort ? Le problème est vraiment là. Nous avons tous le temps, car il est à notre portée à chaque seconde. Celui qui ne bénéficie pas de la ressource temps ne peut pas vivre dans notre réalité, elle-même régie par la loi du temps.

je n'ai pas le temps.png

En fait, nous avons le temps. C’est même la seule ressource dont chacun d’entre nous ait accès à chaque instant.

 

C’est notre propre responsabilité qui intervient ensuite. Je choisis auprès de quoi je mobilise mon temps. A quelle activité je dédie quelques secondes, minutes, semaines ou années. J’ai le choix. Alors dans cette perspective, il ne m’arrive plus jamais de « ne pas avoir le temps ». J’assume pleinement de « ne pas avoir pris le temps ».

Observer quelles activités je prends le temps de faire ou de ne pas faire me donne des indications sur les priorités que je donne à ma vie. Et j’ai le pouvoir de les réévaluer au fur et à mesure, en me demandant si j’en ai vraiment envie. Par exemple : j’ai choisi de rendre visite à une amie, ou bien de rédiger cet article, ou bien d’annuler mon cours de yoga pour me consacrer à un travail important. C’est ok. Mais je prends le temps d’observer ce que je ressens et comment je me sens : est-ce que j’en ai vraiment envie ?

 

Voilà donc la clé de voûte de cette question du temps : pour quoi ai-je envie d’utiliser mon temps ?

Et vous, le savez-vous ?

 

***

Merci à Nelly Pons pour sa sincérité, sa simplicité et son humilité, qui lui permettent de transmettre des astuces simples pour reprendre le pouvoir sur son temps.

Nelly Pons est auteure, après avoir embrassé une carrière de danseuse, de journaliste, d’assistante de Pierre Rabhi et de directrice de Terre & Humanisme. Son dernier ouvrage Choisir de ralentir est paru en 2017 chez Actes Sud Kaizen.

choisir de ralentir

2 réflexions sur “Ralentir, ou pourquoi on gagne du temps en arrêtant de lui courir après.

  1. FOUILLET Marie-Line dit :

    Merci pour cet article plein de bon sens et sur les astuces pour apprendre à gérer notre temps ! choisir de prendre son temps pour en gagner et arrêter de mettre la barre trop haut pour toutes les choses que nous devons faire absolument et à toute vitesse et au prix de notre santé… courir après le temps c’est fatiguant ! Je suis bien convaincue de tout est question de choix dans notre gestion du temps !!!

    Aimé par 1 personne

    • Anaïs Guyot dit :

      Avec plaisir Marie-Line, merci à vous pour votre message. Oui, j’en suis convaincue aussi, tout est question de choix, faut-il encore prendre conscience de notre propre responsabilité… A suivre 🙂 Très belle continuation à vous !

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