Être heureux avec la psychologie positive

Tout droit venue de la côte ouest des Etats-Unis, la psychologie positive est la science qui s’intéresse (enfin !) à notre épanouissement. Retour sur ma rencontre avec Rébecca Shankland, experte française de la discipline.

 

La clé du bonheur

« C’est accueillir tout ce qui est là, les émotions agréables comme désagréables. C’est continuer à avancer vers ce qui est important pour soi malgré les difficultés qui peuvent survenir. ». Voilà le secret du bonheur de Rébecca, et de la psychologie positive elle-même.

Le premier pas ? C’est de devenir son meilleur ami.

Notre petite voix intérieure est la source de notre motivation, elle nous pousse à agir, ou à ne pas agir. La petite voix critique nous freine, nous décourage ; tandis que la petite voix bienveillante nous motive, nous encourage, nous pousse à nous dépasser !

Il ne s’agit pas d’appliquer la méthode Coué et de se dire que tout est positif ! Mais de rétablir la démocratie entre ces deux petites voix et d’accorder autant de place à la voix bienveillante qu’à celle qui critique.

Nous avons tous tendance à placer notre attention sur ce qui ne va pas, ce qui ne fonctionne pas et ce qui génère des émotions négatives. Cela fait partie de notre constitution d’être humain et a permis la survie de notre espèce : je place mon attention sur ce qui ne va pas car je le perçois comme une menace à ma survie.

Tendons l’oreille pour laisser de la place à la petite voie rassurante et bienveillante, celle qui nous encourage, nous rassure et nous pousse à continuer.

petite voix

 

Le bonheur nous rend meilleur, c’est prouvé scientifiquement !

Barbara Fredrickson, professeure au département de psychologie et neuroscience de l’université de Caroline du Nord l’a mis en évidence avec ses travaux « Broaden and Build ». Lorsque nous vivons des émotions positives, nous élargissons notre niveau d’attention et de réflexion, en percevant mieux ce qui se passe autour de nous et en ayant davantage accès aux éléments de notre mémoire. Résultat : vivre des émotions positives favorise notre mode de fonctionnement optimal, celui qui sera le plus adapté à la situation.

La théorie « Broaden and Build » démontre à quel point les émotions positives sont des moteurs pour avancer et permettent aux individus d’accéder au niveau de bien-être le plus élevé.

 

La spirale ascendante

Que retenir des magnifiques travaux de Barbara Fredickson ? Que les émotions positives révèlent le meilleur de nous-même, tandis que les émotions désagréables nourrissent nos comportements automatiques. C’est en quelque sorte un cercle vertueux, parfois appelé dans d’autres courants la loi d’attraction ou le principe d’action positive : le positif génère du positif.

Il est important de s’intéresser à ce qui ne fonctionne pas, notamment dans le cas de pathologies mentales, pour identifier ce qui dysfonctionne et tenter de le régler. Mais c’est également primordial de s’intéresser à tout ce qui fonctionne bien, à toutes les ressources et les comportements optimaux des individus : cela leur donne plus de place, plus d’importance et ils deviennent ainsi de plus en plus fréquents.

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Comment je me lance ?

 

::1:: Je m’entraîne à voir ce qui va bien dans ma vie

Chaque jour, je prends conscience des belles choses que j’ai vécues au cours de ma journée. Le rire de mon enfant, un café en terrasse ou le chant des oiseaux en me levant le matin ; nul besoin de chercher très loin pour trouver l’extraordinaire dans l’ordinaire. En m’entraînant à placer mon attention sur ce qui va bien, je vais petit à petit en voir de plus en plus.

 

::2:: Je m’entraîne à ressentir de la gratitude

Parce que cette émotion est puissante et me permet de mémoriser davantage et de renforcer mon lien social, je m’entraîne à identifier envers qui et quoi je suis reconnaissant pour ce qui m’arrive d’agréable. Le boulanger qui me vend une baguette encore chaude, mes collègues qui me motivent à donner le meilleur de moi-même ou encore un passant qui m’a aidé à trouver mon chemin. En m’entraînant à ressentir de la gratitude je suis globalement plus heureux.

 

::3:: J’identifie mes forces

En prenant le temps de lister sur une feuille tout ce que je fais avec aisance, tout ce que je fais en étant naturellement à l’aise. Je peux faire cet exercice seul ou bien en ligne si je comprends l’anglais.

 

::4:: Je m’observe lorsque je mobilise mes forces

Je prends le temps de m’observer lorsque je mobilise l’une des forces que j’ai précédemment identifiées. Exemple, je suis douée pour enseigner, je décide de m’observer lorsque j’utilise cette force : comment je me sens ? qu’est-ce que je ressens ? qu’est-ce qui se passe en moi ? quel impact cela a-t-il sur les autres ? qu’est-ce que les autres me renvoient ? comment je vis cette situation ?

4 étapes simples à mettre en pratique dès aujourd’hui. Chiche ! on essaye ?

 

***

Merci à Rébecca Shankland pour sa gaieté et sa générosité à partager autour d’elle des pratiques simples mais efficaces de psychologie positive.

Rébecca Shankland est psychologue, maître de conférence et chercheure sur les thématiques de la personnalité, de la cognition et du changement social. Elle dirige le diplôme universitaire de psychologie positive de l’université de Grenoble et est vice-présidente de l’association française et francophone de psychologie positive. Son dernier ouvrage Les pouvoirs de la gratitude est paru en 2016 chez Odile Jacob.

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