Ce qui est à toi n’est pas à moi. Et vice-versa.

Quand on part à la recherche de son harmonie intérieure, on rencontre rapidement sur sa route la notion de réalité. Je ne peux pas parler de quête de bien-être sans vous parler de la réalité. Des réalités pour être plus précise. Je vous explique aujourd’hui ma vision des choses et comment tout ça peut vous rendre plus heureux au quotidien.

 

C’est quoi la réalité ?

Larousse à la rescousse. « Réalité, du latin « realis », de « res » : la chose. Caractère de ce qui est réel, de ce qui existe effectivement. ». Mais qu’est-ce qui existe effectivement ? Qu’est-ce qui est réel ?

Ce qui existe dans la matière ? Certainement. Mais ce qui n’existe pas dans la matière est-il réel ou non ? Cette douleur que je sens quand je me cogne le petit orteil, elle existe dans mon corps, mais constitue-t-elle une matière à part entière ? Cette souffrance que je ressens lorsque je perds un être cher, elle existe dans mon corps, dans ma tête, dans mon cœur. Mais a-t-elle une existence propre ?

On ne pourra jamais croiser la souffrance au hasard d’une balade dans la forêt entre le chêne et le laurier. Mais cela signifie-t-il qu’elle n’existe pas pour autant ? Ou alors… Cette souffrance n’existerait-elle pas qu’à travers le filtre de ma vision des choses, mon cadre de référence, mon point de vue, mes expériences ? Je penche pour la deuxième proposition.

La réalité n’est pas la même pour chacun d’entre nous. Je pense qu’elle est le fruit de nos expériences et de nos croyances, ce dont nous sommes convaincus au plus profond de nous-même finit par prendre forme autour de nous.

 

7 milliards d’individus, 7 milliards de réalités ?

Mais alors si ma réalité n’est pas celle de l’autre, pourquoi puis-je me sentir autant influencé par la réalité de l’autre ? Pourquoi la colère de l’autre m’énerve-t-elle ? Sa critique me fait-elle douter ? Ses encouragements boostent-ils ma confiance en moi ?

Déjà parce que nous sommes interconnectés. C’est un fait. De la même manière que lorsque j’ouvre mes volets le matin et que je découvre un magnifique ciel bleu cela me met en joie, je suis interconnecté à tout ce qui existe autour de moi. Tout a un impact sur moi, de la même manière que j’en ai sur tout. Et la plupart du temps sans même que je ne m’en rende compte.

Que la réalité de l’autre ait un impact sur la manière dont je vis les choses au quotidien, c’est une chose. Que sa réalité devienne mienne à chaque instant de ma vie en est une autre.

La réalité de l’autre peut venir enrichir mon point de vue, me permettre d’apprendre quelque chose (j’en suis profondément convaincue) d’agréable ou de désagréable, me permettre d’accéder à une nouvelle façon de voir les choses. Mais sa réalité n’était, n’est et ne sera jamais la mienne.

midal

 

Ce qui est à toi n’est pas à moi. Et vice-versa.

Le point de vue de l’autre lui appartient à lui, et à lui seul. Il fait référence à ses croyances, son cadre, ses repères, son expérience. Comme son point de vue lui appartient, il est par définition inadapté à mes croyances, mon cadre, mes repères, mes expériences.

Les propos qui sortent de la bouche de quelqu’un lui appartiennent. Il est responsable de ce qu’il dit. Mais tout ceci ne m’appartient pas, n’est pas ma réalité, ne fait pas référence à mes croyances. Je suis responsable de ce que je fais (ou ne fais pas) de ce qu’il me dit.

Et personne n’a tort ni n’a raison. Nous avons juste deux points de vues différents. Ou plutôt 7,6 milliards de points de vue différents. Je ne parle pas ici de bien ou de mal. Je dis juste que lorsque nous utilisons notre énergie pour avoir raison et donner tort à l’autre, nous la gaspillons en faveur de notre ego, au lieu de la mobiliser à notre propre service, afin d’être la version la plus authentique de nous-même.

 

Et dans la vraie vie ? Deux exemples.

Je suis l’objet de critiques. L’autre a le droit de ne pas partager mon point de vue et de me l’exprimer. Mais j’ai à mon tour le droit de laisser cette critique là où elle se trouve – c’est à dire dans la bouche et l’esprit de mon interlocuteur – elle n’est pas obligée de devenir mienne. Et de se transformer, au choix en fonction de mes tendances profondes, en un doute qui vient bloquer ma créativité, en une colère qui m’invite à répondre à la critique par la critique, en une peur que l’autre ait raison qui se manifeste par une démonstration par A + B de pourquoi tu as tort et moi raison.

Ce qui est à toi n’est pas à moi.

Aujourd’hui je suis de bonne humeur et je rencontre un ami qui me dresse un portrait noir de son quotidien : cela lui appartient, c’est sa réalité, sa vision des choses. Et c’est légitime pour lui de l’exprimer. Mais ça n’a aucun sens que sa réalité devienne la mienne. Nous ne sommes pas des caméléons ! Quand je touche un mur rouge, je ne deviens pas rouge à mon tour. Et bien quand je côtoie quelqu’un qui n’a pas la même vision des choses que moi (et c’est le cas des 7,6 milliards d’individus qui peuplent la planète à mes côtés), je ne deviens pas son point de vue, son cadre de référence, sa vision des choses.

 

Rien n’est figé, tout bouge tout le temps

Cela lui appartient, c’est légitime pour lui de le penser et de l’exprimer. C’est légitime pour moi de l’écouter si j’en ai envie, mais c’est insensé que son point de vue devienne le mien. Ou vienne toujours remettre en question le mien.

Sauf si… ce dernier me semble légitime, et vient faire écho à ce que je vis, ce que je ressens. C’est peut-être que c’est le moment pour moi de changer ma vision des choses, mon point de vue. Mais cela se fait par la co-construction et pas par le remplacement : je vais peut-être changer de point de vue en enrichissant mon précédent point de vue avec celui de l’autre. Je ne vais pas remplacer mon point de vue par celui de l’autre.

 

Qu’est-ce que ça m’apporte ?

légitimité

De la légitimité déjà. Ce que je pense, vis et ressens est réel, et est tout aussi important que ce que pense, vit et ressent l’autre. Et si tout cela est important et légitime, tout est donc à sa juste place et rien n’est à changer.

De la confiance ensuite. A force d’entrainement, je cesse d’adopter le point de vue de tous ceux que je croise sur mon chemin, et donc de gaspiller mon énergie à douter de mes choix, crier à l’injustice ou me remettre perpétuellement en question.

De la tolérance enfin. Avec moi-même car je prends conscience que ma réalité est le fruit de mes expériences et de mes croyances, et donc que je peux en changer toute ma vie sans pour autant perdre mon identité. Avec l’autre, car je réalise que sa réalité est aussi le fruit de son expérience et de ses croyances, qu’elle est mouvante, et que je ne vis jamais au même rythme que tous ceux qui m’entourent. Mais que personne n’est en retard ou en avance sur qui que ce soit.

On passe sa vie à chercher le meilleur chemin alors qu’aucun d’entre nous n’a la même carte.

Du recul pour finir. Parce que si nous avons chacun notre propre réalité, c’est bien qu’il n’existe pas une réalité unique, un chemin de réussite, de succès. Cela peut m’aider à cesser de vouloir « réussir ma vie » et juste à prendre le temps de la vivre en fait.

Enfin… ce n’est que mon point de vue…

Et toi, tu en penses quoi ?

2 réflexions sur “Ce qui est à toi n’est pas à moi. Et vice-versa.

  1. Cora dit :

    Peut être mon article préféré à ce jour sur ce blog !
    Résume ce que j’essaye de faire passer comme message à mon entourage qui lutte et perd une énergie folle dans bcp de situation : personne n’a tord, personne n’a raison ! Chacun regarde la situation de son propre angle, propre point de vue. le comprendre et l’accepter c’est le début du lâcher prise 🙂 ça me fait penser aux accords toltèques, surtout à deux d’entre eux : « n’en faites pas une affaire personnelle » et « ne faites pas de supposition ». Intégrés au quotidien, ça change la vie 🙂

    Aimé par 1 personne

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